Le parc de la Folie Saint-James, situé avenue de Madrid, non loin du jardin d’Acclimatation et de Bagatelle, est classé par les Monuments historiques depuis 1922.
Créé dans la mouvance des jardins anglo-chinois du XVIIIè siècle, il s’étendait, à l’origine, sur 15 ha jusqu’aux berges de Seine. Aujourd’hui, grignoté par l’urbanisation, il est replié sur deux petits hectares. Il y subsiste quelques éléments ornementaux, dessinés par l’architecte François-Joseph Bélanger, l’un des plus grands paysagistes de son époque, qui signa aussi le domaine de Bagatelle.
Le jardin Art déco, aménagé en 1922, est situé à l’entrée. A côté, se dresse une belle bâtisse néoclassique du XVIIIè siècle : cette folie – maison de campagne des nobles à la mode à cette époque – a été construite par le baron Saint-James (NDLR : ne prononcez pas le s), un riche banquier épris de musique, de poésie et de sciences.
Aujourd’hui, le jardin est fréquenté, en semaine, par les élèves du collège Théophile-Gauthier et du lycée Saint-James voisins, et le week-end par les familles. Mais les pelouses sont clairsemées, les rochers dangereux pour les tout-petits, les bancs trop peu nombreux… La réhabilitation devrait redonner vie et lustre à ce lieu bien connu des habitants de Neuilly.
Mais faut-il le réaménager dans son style d’origine ? Implanter de nouveaux mobiliers ? « Nous souhaitons le restaurer dans sa vocation historique et culturelle tout en préservant l’usage qu’en font les familles aujourd’hui, explique Jean Sarkozy, conseiller général (UMP) de Neuilly, qui porte ce projet avec Marie-Cécile Ménard, l’autre conseillère générale de la ville. D’où l’idée de lancer une consultation. »
Les habitants ont jusqu’au 26 juin pour apporter leurs idées sur un site dédié (le site www.lafolieneuilly.fr propose l’histoire complète de la Folie, l’enquête, un blog, et la possibilité de poser des questions). Un architecte des Monuments historiques, chargé de la maîtrise d’œuvre, sera désigné à l’automne. Les travaux devraient démarrer l’an prochain, pour une réouverture en 2011.
Christine Henry
Le Parisien – samedi 9 mai 2009 |