Enfouissement total ou boulevard urbain. Tel est bien l’enjeu de la réunion du comité de pilotage de la N13, qui se tient ce matin à la préfecture de région. Enjeu urbanistique et environnemental autant que politique, puisque l’aménagement de l’avenue Charles de Gaulle reliant la porte de Neuilly cristallise les divergences entre le maire de la ville, Jean-Christophe Fromentin et Jean Sarkozy, conseiller général, qui a fait de l’enfouissement de cette artère surchargée une promesse de campagne aux élections cantonales.
De 702 à 778 millions d’euros
Cette deuxièrem réunion du comité de pilotage vise à établir un "pré-tri" des cinq versions d’aménagement retenues il y a deux mois lors de l’installation dudit comité, présidé par le préfet de région Daniel Canepa. Ses quatorze membres ont retenu cinq versions. Quatre d’entre elles consistent à enfouir complètement la N13 en créant des deux fois trois voies, soit en accolant des tunnels au métro, soit en passant d’un côté ou de l’autre du métro en construisant des tunnels superposés ou au même niveau. La dernière variante, défendue par le maire de Neuilly, Jean-Christophe Fromantin, associe la création d’un tunnel moins large à l’aménagement d’un boulevard urbain. Un projet visant à faire de cet axe emprunté quotidiennement par plus de 160.000 véhicules les Champs-Elysées de Neuilly.
Ce matin, en établissant un "prétri" des hypothèses retenues, le comité de pilotage "écartera", certaines versions, comme on l’indiquait hier à la préfecture de région. Pour aider chacun à se prononcer pour l’une ou l’autre des solutions, la Direction régionale de l’équipement (DRE) a mené des études complémentaires sur les cinq hypothèses.
Chaque scénario a été chiffré. Les quatre variantes d’enfouisseùent coûteraient de 702 à 778 millions d’euros. Le "scénario de référence", validé par une décision ministérielle d’octobre 2006, reviendrait à 716 millions.
La solution du maire : moins coûteuse mais...
Selon ces toutes récentes études complémentaires, la solution privilégiée par Jean-Christophe Fromentin est la moins onéreuse puisqu’elle est évéluée à 582 millions d’euros. En termes de délai, cette hypothèse est aussi la plus avantageuse. En revanche, elle cumule les inconvénients en ce qui concerne la qualité de l’air et du bruit et surtout "l’induction du trafic". La circulation augmenterait de 25% et se répercuterait aussi sur le boulevard périphérique.
Après ce classement des variantes que le comité de pilotage doit dresser aujourd’hui, c’est en juin prochain que la solution définitive devrait être adoptée. Le préfet Daniel Canepa entend associer "les principales collectivités locales concernées par cette opération au processus décisionnel". Selon nos informations, il a même l’intention d’obtenir un consensus. Et ce dès ce matin.
Valérie Mahaut
Le Parisien des Hauts-de-Seine - le 20 janvier 2009
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