Son propos liminaire était d’autant plus apprécié qu’il fut dense et extrêmement précis.
Parce qu’il observe l’opinion depuis plus de 20 ans, Pierre Giacometti a livré une analyse acérée des raisons qui expliquent le paradoxe entre l’intérêt des Français pour l’Europe, puisque 70% des Français ont voté au référendum sur la Constitution européenne en 2005, alors que moins d’une moitié d’entre eux votent généralement à l’élection européenne.
Revenant longuement sur les conditions du succès de Nicolas Sarkozy à la présidentielle, mais également sur les raisons de l’éclosion à gauche de Ségolène Royal, l’analyste a permis de rationaliser et de mieux comprendre comment bouge l’opinion, comment elle se structure, et les nouveaux codes qui rendent la parole et l’action politique identifiables par le plus grand nombre.
S’agissant de la question militante et de l’engagement en politique, il a décrit ce qu’est à ses yeux un parti moderne au XXIème siècle, expliquant les ressorts qui conduisent aujourd’hui les citoyens à s’engager politiquement.

Puis, pendant deux heures, Pierre Giacometti a répondu aux salves de questions des participants. Après avoir abordé les enjeux du 7 juin, la discussion s’est rapidement orientée sur les causes du désamour des Français pour l’élection européenne. Une fois évoqués les chiffres de la méconnaissance des institutions européennes, le politologue est naturellement revenu sur les raisons qui lui sont liées : l’absence d’enjeux clairement identifiés, l’absence perçue de dramaturgie du scrutin, son manque d’incarnation, le manque de politisation du discours et des politiques, la nationalisation du débat...
Comment les politiques peuvent être audibles en période de crise ? Quels sont les principales tendances qui structurent l’opinion ? Ou encore quelles sont les évolutions nécessaires que doit entreprendre l’UMP pour se moderniser encore davantage ?
A toutes ces questions et bien d’autres encore, Pierre Giacometti a apporté une analyse fondée sur des enquêtes, c’est à dire une grille de lecture nouvelle parce qu’émise non pas par un politique ou un journaliste, mais par un expert de l’opinion publique.
Nul doute que de nombreux et riches enseignements sont à tirer de tout ce qui a été dit.
Le 28 mai 2009 |